Publié le 04 décembre 2023

Journée de sensibilisation : Santé, bien-être et prévention

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Région
Bretagne
Public
Personne en situation de précarité
Jeune adulte
Adolescent
Milieu de vie
Éducatif
Thématique
Approche transversale
Type de ressource
Les programmes et actions
Porteur
Addictions-France
Nous aimons cette action :
Le partenariat avec la co-animation par un professionnel d'Addictions-France et un professionnel de la mission locale auprès de jeunes en insertion

Présentation

Le contexte

Les conseillers de la Mission locale de Saint Brieuc ont pu constater que les publics qu’ils accueillent et accompagnent (des adolescents et jeunes adultes en insertion) présentaient des problématiques importantes en matière de santé mentale (mal-être, conduites addictives, troubles du sommeil…).

La mission locale organise donc depuis 2011, 3 à 5 fois par an, un module de formation dénommé PSC1-Santé (PSC pour Prévention et Secours Civiques). Cette formation est à destination des jeunes suivis par les conseillers des missions locales (ML) et de ceux participant au dispositif Contrat engagement jeunes (CEJ). Les jeunes qui ont un projet professionnel en lien avec les milieux de la santé, de l’animation ou de la sécurité sont prioritaires. Le fait qu’ils ou elles aient des pratiques à risque pour leur santé n’est pas un critère de sélection.

Le parcours “PSC1-Santé” est constitué de 2 journées :

  • 1 journée « prendre soin des autres» : module PSC1 animé par le Service Départemental d’Incendie et de Secours des Côtes d’Armor (SDIS)
  • 1 journée « prendre soin de soi » : module présenté dans cette fiche et co-animé par un professionnel de la Mission Locale et un chargé de prévention et de formation de l’association Addictions-France.

La présence des jeunes à une formation certifiante (le PSC1) est une opportunité pour leur proposer ce module autour de la santé.

Les objectifs

  • Prendre conscience des différents déterminants de sa santé physique, psychique et sociale et de ses valeurs associées (on entend par “valeur” l’importance et le sens que chacun accorde à tel ou tel déterminant en fonction de ses valeurs profondes).
  • Contribuer au mieux-être en renforçant la connaissance de soi, la gestion du stress et des émotions ainsi que les stratégies de résolution de problèmes.
  • Faire émerger les représentations autour des comportements favorables à la santé (modération et protection).
  • Informer les jeunes sur les relais locaux de santé.

Ce programme a également vocation à s’articuler avec les dispositifs de repérage, d’orientation et d’accompagnement spécialisés du territoire pour les situations le nécessitant.

Le financement

Ce dispositif s’intègre au projet « d’accompagnement santé » de la Mission Locale de Saint-Brieuc et bénéficie d’un co-financement par l’Agence régionale de santé de Bretagne (intégré au Contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens) et par le Fond d’aide aux jeunes (FAJ) collectif.

Le dispositif d’évaluation

Un questionnaire “à chaud” est recueilli auprès des jeunes ainsi que les retours des jeunes au cours d’un débriefing (les questions portent sur le ressenti de la journée, le sentiment de sécurité, le fait de s’être senti à l’aise, ce qu’ils ont aimé ou moins aimé de la journée). Il y a également un comité de suivi de l’action avec la mission locale qui se réunit une à deux fois par an en présence de l’encadrement et de la référente santé (portant sur les points forts ou à améliorer).

Les expertises mobilisées

Le programme décrit ci-dessous s’inspire des concepts de promotion de la santé définis par l’OMS qui visent à développer le pouvoir d’agir des jeunes sur leur propre santé qu’elle soit psychologique, sociale, physique ou environnementale. Il repose sur des critères d’efficacité largement éprouvés. On citera notamment les stratégies s’appuyant sur le développement des compétences psychosociales, les approches interactives / expérientielles, ou encore celles prenant en compte l’influence sociale. Il s’agit également de travailler sur les croyances normatives auprès des jeunes notamment par rapport aux conduites addictives. Ces approches éducatives ont été évaluées comme étant plus pertinentes que les approches purement didactiques.

Le programme s’inspire d’expériences antérieures menées sur d’autres territoires bretons (Guingamp, Dinan, Brest). Il sera décliné prochainement à Lamballe.

Le public destinataire de l’action a permis d’ajuster le contenu, car au fil du temps, l’action a bénéficié de nombreux retours des jeunes, permettant ainsi de l’adapter aux besoins évolutifs de ces derniers. Le contenu de l’action était initialement orienté autour des conduites à risques mais il a été revu afin de s’adapter à des besoins plus larges (promotion de la santé sociale, mentale et physique et sur le développement des Compétences Psycho-Sociales). Il ressort qu’aujourd’hui, les besoins de santé sociale et mentale priment : la famille, le réseau, les projets, les doutes par rapport à l’avenir, la recherche d’une activité porteuse de sens, la présence d’un fond anxieux, etc.

Les compétences psychosociales

Les CPS visées

  • Compétences cognitives : avoir conscience de soi, prendre des décisions constructives,
  • Compétences émotionnelles : avoir conscience de ses émotions et de son stress.
  • Compétences sociales : communiquer de façon constructive, développer des relations constructives, résoudre des difficultés.

Les CPS ont été présentées, ainsi que la démarche, au public destinataire de l’action. Les objectifs de l’action sont présentés en introduction et les CPS travaillées sont explicitées au décours des activités qui les mobilisent.

Le programme au regard de la promotion de la santé

La pédagogie

  • Quatre activités ont été mises en place. Elles sont menées de manière consécutive sur une journée de 5h30 :
    • Recueil des valeurs et déterminants individuels en santé.
    • Conscientisation et gestion des émotions et du stress.
    • Identification et priorisation des besoins en santé et en insertion.
    • Identification et interrogation des différentes stratégies d’adaptation aux situations “problème”.
  • Les ateliers sont rythmés par les pauses de la journée, chacun durant environ entre 45 minutes et 1h30. Cela permet à la fois de s’adapter au rythme du public (fatigabilité), et de ménager des pauses au cours desquelles s’instaurent des liens informels entre les jeunes.
  • Les ateliers reposant sur ce que les participants veulent bien y déposer d’eux-mêmes (valeurs, réflexions, regard sur soi-même et ses projets…), ils sont par nature adaptatifs au public destinataire.
  • Il y a vraie progression (dans le contenu, dans la dynamique de groupe) au cours de la journée, avec un vécu commun. Le fait de réaliser les ateliers sur une journée permet de s’extraire du quotidien. Cela permet notamment à des jeunes parfois isolés de se « reconnecter ». Ce n’est pas commun pour eux d’avoir cette possibilité de prendre position, de parler d’eux sans contrainte, sans jugement et de s’interroger sur ce qui fait sens dans leur rapport à la santé. Les jeunes bénéficient du soutien du groupe, et se découvrent une sociabilité. C’est déjà pour certains une expérience collective positive.
  • Différents outils pédagogiques sont mobilisés : post-it, une adaptation du jeu “Feelings” (création de cartes adaptées à l’avance selon des sujets de santé et de société qui amènent du débat), cartes “Expression des besoins” (cartes non typées, non genrées type « blob cards »), cartes “Stratégies d’adaptation”, outil vidéo (autour de la vidéo d’un youtubeur sur les émotions pour savoir ce qu’en pensent les jeunes), etc.
  • Un mémo avec l’ensemble des lieux ressources pour les jeunes est en cours de réactualisation afin de le distribuer au terme de ces journées d’ateliers.

Les compétences et la posture

  • Les intervenants dispensent des formations autour du développement des CPS et ont une pratique depuis de nombreuses années auprès du public destinataire sur les thèmes abordés. La professionnelle de la Mission locale est formée aux CPS, à la sophrologie et présente une appétence pour ce type d’intervention auprès des jeunes.
  • La posture éducative des intervenants favorise la participation, la valorisation des jeunes, le non jugement, la bienveillance et l’écoute active avec une approche motivationnelle (idée de partir des personnes, de ce qui les motive, de leurs choix, etc) et expérientielle. L’idée est de « faire expérience collective » (faire “repère” de par l’adhésion à certaines valeurs au sein du groupe). La structure de la journée est proposée par les animateurs et le groupe crée le contenu (selon la matière qui est déposée par les jeunes selon leur histoire, leurs aspirations, etc).
  • L’accompagnement par la Mission locale a pour vocation de permettre aux jeunes d’identifier, de mobiliser et de développer leurs habiletés sociales et de renforcer le sentiment d’efficacité personnelle, de manière informelle. Les professionnels visent à valoriser les jeunes et à s’appuyer sur leurs ressources au quotidien.

Les conditions matérielles et organisationnelles

Un minimum de 6-8 jeunes au sein du groupe est idéal pour favoriser les échanges car cela permet à chacun d’avoir de l’espace et du temps d’expression.

L’espace est organisé afin de favoriser les échanges (moquette au sol, insonorisation de la salle ce qui est favorable pour l’écoute, présence d’espace, absence de table, utilisation de chaises en cercle afin que tout le monde soit au même niveau, etc).

Un changement de place après la pause est suggéré par l’animateur qui se place à une place différente après la pause ce qui impulse une dynamique de groupe. L’animation permet qu’il y ait des interactions directes entre les jeunes sans forcément passer par l’animateur, qui est garant du cadre et de la qualité des échanges.

L’action est présentée ainsi que ses objectifs auprès des conseillers des Missions Locales afin qu’ils communiquent auprès des jeunes. Cela vise également à permettre une culture et un vocabulaire communs autour de cette journée.

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