Publié le 03 octobre 2023

Mise à jour le 04 octobre 2023

La santé au temps du covid – Prendre soin de soi

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Région
Bretagne
Public
Population carcérale
Milieu de vie
Judiciaire
Thématique
Approche transversale
Type de ressource
Les programmes et actions
Porteur
Unité sanitaire milieu pénitentiaire GHBS
Structure accompagnatrice
IREPS Bretagne
Nous aimons cette action :
L'équipe se saisit d'un sujet d'actualité complexe pour développer les CPS des détenus.

Présentation

Le contexte du programme

Le projet “La santé au temps du Covid” est né d’une nécessité d’intégrer la promotion de la santé aux pratiques soignantes au centre pénitentiaire de Ploemeur (Morbihan) ; d’une envie aussi d’offrir aux personnes détenues des chances supplémentaires d’éviter la récidive. Il s’adresse à une population carcérale jeune, précaire et présentant parfois des addictions.

Ce projet s’inscrivait également dans les recommandations de la Direction générale de la santé visant à maintenir les actions de prévention dans le contexte de crise sanitaire. Il a été conçu dans le contexte du Covid puis renommé “Prendre soin de soi” avec une modification du programme. Plusieurs sessions de 6 séances ont été réalisées.

L’objectif du programme

Identifier et développer des ressources personnelles autour de la santé et du bien-être (dans le contexte de la période covid).

Le Financement

Ce programme a été financé dans le cadre d’un appel à projet (Agence Régionale de Santé (ARS) Bretagne) pour une durée de 3 ans.

Le dispositif d’évaluation mis en place

L’évaluation a été permise par la présence d’un observateur de séances (infirmière diplômée d’État ou médecin), par un débriefing avec les participants à la fin de chaque séance, par le suivi de la participation au fil des séances, et par un débriefing entre professionnels à la fin de chaque session. Un questionnaire de début et de fin de parcours était également rempli par les participants.

Les expertises mobilisées

  • Ce programme a bénéficié de l’accompagnement de l’IREPS Bretagne sur l’élaboration du programme et des ateliers ainsi que sur le suivi du projet avec des réunions régulières.
  • Ce programme s’est également inspiré d’autres programmes existants et du cartable des compétences psychosociales.

Les Compétences Psycho Sociales

Les porteurs du programme ont été formés aux CPS.

Les CPS visées

  • Compétences cognitives : avoir conscience de soi (=les besoins), prendre des décisions, pensée critique.
  • Compétences émotionnelles : avoir conscience de ses émotions et de son stress, réguler ses émotions, gérer son stress.
  • Compétences sociales : communiquer de façon constructive, développer des relations constructives, résoudre des difficultés, plaidoyer.

Les personnes ont été recrutées de manière individuelle, lors d’un entretien, au cours duquel la démarche et l’intention de développer les CPS ont été explicitées. L’objet du programme (= CPS) est reprécisé au cours du premier atelier.

Le programme au regard de la promotion de la santé

Les compétences et la posture

Toute l’équipe somatique du Centre pénitentiaire de Plœmeur (CP) a pu bénéficier d’une formation de 3 jours sur les compétences psychosociales animée par l’IREPS Bretagne (équipe médicale, infirmière, assistante soins dentaires, dentiste) ainsi que l’enseignante qui intervient sur le Centre pénitentiaire.

Les professionnels intervenants connaissent le public, du fait de leur fonction et de leur activité. Ils sont intervenus en binôme infirmière/médecin de l’unité sanitaire (un des deux observateur et l’autre animateur), au sein duquel ils se sont inscrits dans un rapport horizontal.

La posture a été réfléchie en amont entre les intervenants, de manière à garantir l’expression et la participation des détenus. Les animateurs (médecin et infirmière) se sont positionnés en début de séance en tant que personnes, pas à travers leur casquette professionnelle. Un cadre de confiance a été établi en début de programme (possibilité à chacun de s’exprimer, bienveillance, confidentialité, convivialité…). Tout au long de la séance, les méthodes d’animation ont été pensées pour favoriser la participation de tous. Cette réflexion a été formalisée dans le conducteur de séance. Enfin, les participants étaient libres de venir discuter avec les intervenants après la séance s’ils en ressentaient le besoin.

La pédagogie

  • Les groupes de 6-8 participants ont été pensés de manière à prévenir les incompatibilités de personnes entre les personnes détenues.
  • L’approche se voulait participative, et le programme devait entrer en résonance avec les besoins des participants. L’idée était de partir du public, de recueillir leurs représentations (qu’est-ce que la colère pour vous ?).
  • Le programme était constitué d’une alternance de travaux personnels, de travaux collectifs, de mises en situation, et d’apports théoriques avec des temps d’échanges autour des expériences vécues par les participants. La question du transfert des acquis est abordée à la fin de chaque séance.

Le programme est structuré autour de 6 séances hebdomadaires de 2h :

  • Atelier 1 : « Faisons connaissance » :

– Présentation du programme/du groupe – Élaboration d’un contrat de communication, validé par les participants – Exploration des représentations autour de la Santé au temps de la covid par les participants (photo-langage)

  • Atelier 2 : « Les besoins » :

– Expression sur le vécu de la crise sanitaire – Identification des besoins humains au sens large – Présentation de la pyramide de Maslow (Pour être bien dans notre vie quotidienne, de quoi avons-nous besoin ?), animation île déserte.

  • Atelier 3 : « Les émotions » :

– Reconnaitre ses émotions et celles des autres – Conséquences sur les relations interpersonnelles (Est-il facile de décrire ou d’exprimer nos émotions ?)

  • Atelier 4 : « Le miroir des émotions » :

– Poursuite du travail sur les émotions – Mises en situation à l’aide de l’outil COMETE – Présentation des compétences psycho-sociales (développer des compétences pour un mieux-être ; nos émotions peuvent-elles avoir un impact dans notre vie courante ?)

  • Atelier 5 : « Science et médias : les vaccins en question »  :

– Pensée critique dans le contexte sanitaire – Support vidéo sur la place des médias – Débat mouvant autour de la vaccination

  • Atelier 6 : « Formuler et atteindre un objectif »  :

– Se projeter dans l’avenir – Élaborer un projet personnel– Perspectives après ce premier cycle (Apprendre à utiliser ses propres ressources personnelles)

Le programme ayant été orienté initialement dans son contenu par la crise sanitaire, il a été renommé par la suite « Prendre soin de soi » et a fait l’objet d’ajustements avec notamment l’intervention d’une sophrologue en dernière séance (sophrologie et méditation), ce qui correspondait mieux à l’appel à projet et à la vision de la promotion de la santé en milieu pénitencier.

Les conditions matérielles et organisationnelles

  • Matérielles :
    • Une aide de l’administration pénitentiaire pour le mobilier a été nécessaire pour les séances.
    • Avoir prévu un financement par l’appel à projet pour le matériel a été facilitant dans la mise en œuvre de l’action (vidéoprojecteur, Paperboard, etc). La formation des professionnels aux CPS était également financée par l’appel à projet.
  • Organisationnelles :
    • Les séances ont été réalisées au sein d’une salle « neutre » de l’unité sanitaire.
    • Une certaine souplesse dans les horaires a permis la tenue du programme avec une adaptation à l’organisation du milieu pénitentiaire.
    • L’observateur était garant de la maitrise du temps pendant la séance.
    • Une attestation de fin de programme a été donnée à chaque personne détenue afin de valoriser sa participation au programme.
    • La constitution des groupes était également pensée avec l’aide de l’administration pénitentiaire.
    • Il était demandé un certain engagement des participants à assister à l’ensemble du programme.

Implication du niveau politique

Ce projet a fait l’objet d’une présentation à la direction du Centre Pénitentiaire de Plœmeur et il a bénéficié du soutien de la direction, ce qui a été facilitateur.

Ce programme a mis en évidence la nécessité de disposer de temps afin de mettre en œuvre ce type d’action. Cela a permis de rédiger et de valider un autre appel à projet visant l’obtention de temps spécifiquement dédié Prévention et promotion de la santé.

Ressources

Guide méthodologique « prise en charge sanitaire des Personnes placées sous main de justice » ici

Point fort

Ce programme fait partie des rares actions sur les CPS en milieu pénitentiaire et l’équipe se saisit d’un sujet d’actualité complexe pour développer les CPS des détenus.